( AFP / FABRICE COFFRINI )
La banque suisse Julius Baer, spécialisée dans la gestion de fortune, a vu son bénéfice net fondre en 2025 sous l'effet de pertes de crédits au terme de ce que son directeur avait qualifié "d'année de transition".
Son bénéfice net pour 2025 a chuté de plus de 25% par rapport à l'année précédente, à 764 millions de francs suisses (833 millions d'euros), dépassant toutefois les prévisions des analystes interrogés par l'agence suisse AWP qui l'attendaient en moyenne à 700 millions de francs.
Ses actifs sous gestion se sont quant à eux accrus de 5%, à 521 milliards de francs, gonflés par la hausse des marchés boursiers.
La banque a expliqué cette contraction de son bénéfice annuel par la vente fin mars de ses activités au Brésil mais aussi par des pertes de crédits de 213 millions de francs, atténuées toutefois par le recouvrement de créances de créances liées aux pertes "de 2023", précise-t-elle dans le communiqué détaillant ses résultats.
La banque avait alors été secouée par l'effondrement de l'empire immobilier autrichien Signa, à l'époque à la tête de plusieurs chaînes de grands magasins en Europe et co-propriétaire de l'Empire State Building à New York, à qui elle avait accordé plusieurs prêts.
Depuis, les commandes de Julius Baer ont été confiées à un nouveau directeur général, Stefan Bollinger, qui a pris ses fonctions en janvier 2025 et lancé une grande réorganisation. Il a notamment procédé à un examen approfondi du portefeuille de crédits.
Selon lui, "2025 a été une année de transition réussie", a-t-il affirmé lundi dans le communiqué.
- Changement au conseil d'administration -
Dans un commentaire boursier, Andreas Venditti, analyste chez Vontobel, souligne que la banque s'est attachée en 2025 "à résoudre ces questions héritées du passé" et à "diminuer les risques" et a dit "espérer que 2026 sera une année moins +mouvementée+ pour Julius Baer".
A 11H37 GMT, l'action perdait 1,27% à 63,80 francs suisses, à contre-tendance du SPI, l'indice élargi de la Bourse suisse, en hausse de 0,80%, alors que les investisseurs attendent toujours les conclusions d'une enquête de la Finma, l'autorité de régulation du secteur bancaire en Suisse, sur ces pertes de crédits liées à Signa.
En marge de ses résultats, la banque a annoncé que l'ancien directeur de la Finma, Urban Angehrn, va rejoindre le conseil d'administration, en tant "qu'administrateur indépendant non-exécutif" lors de la prochaine assemblée générale annuelle du 9 avril.
Cette présence de l'ancien patron de la Finma au conseil d'administration "ne fera pas de mal" aux relations de la banque avec les autorités de régulation, ont réagi les analystes de Jefferies dans une note de marché.
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer